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Résidence au CCNRB - 10 cm d’écart

A son arrivée à Rennes en 2005, il crée l’Association Index et développe le projet Trois petits points qui se distingue par l’attention portée aux liens sensibles entre le corps et son environnement. La démarche, qu’elle s’étende à l’échelle d’un quartier, d’une ville ou d’une géographie plus intime, est identique. Elle implique un rapport fort aux objets, engage le regard de l’autre et invite à redécouvrir nos paysages quotidiens.


Dans le cadre du compagnonnage, Julien Jeanne engagera un nouveau projet 10 cm d’écart, sorte de précipité de l’ensemble des expériences passées. En compagnie du plasticien Nikolas Fouré et du créateur sonore Boris Jakobek, il poursuivra son activité de colporteur. En allant à la rencontre des passants, en parcourant les rues, les magasins, les bars, les parcs… s’élabore une matière mémoire qu’il s’agit de réactiver dans un espace de représentation. Conçue comme un espace mis en commun, lieu de jonction possible entre public et performers, la forme à venir agrégera paroles, flux sonores, photos et objets du quotidien comme autant de mini scénarii d’une cartographie imaginaire.

Après une période de résidence au ccnrb en septembre, 10 cm d’écart sera présenté au Théâtre du Vieux St Etienne (Rennes) du 27 février au 1er mars 2008 à 20h30.

Production association index

avec le soutien et l'accompagnement du Centre chorégraphique National de Rennes et de Bretagne. Accueils en résidence à la ville de Port-Louis(56)


L'association Index bénéficie du soutien du Ministère de la Culture et de la Communication - DRAC Bretagne et de la Ville de Rennes



10 cm d’écart est un saisissement de l’ensemble des expériences traversées. Sorte de tableau vivant, un patchwork, invoquant l’ensemble du processus de « trois petits points »



illustration Fanny Charrier
Le point de vue comme partition à construire des utopies

Comment entendons, interprétons, investissons-nous une parole ? Quels sont ces moments concrets ou fantasmés quand nous l’écoutons? Est ce que les utopies surgissent et prennent existence au moment où nous recevons une information et que notre pensée élabore ses propres projections imaginatives…. ? Est ce que notre rapport sensible au monde ne commence-t-il pas par là ? Devenir l’autre nous déplace, nous change, nous transforme comme une porte d’entrée pour un développement et une construction en continu de soi.



« Je crois, que ce qui me fait vivre cette expérience en puissance est l'action d'aller à la rencontre, de prendre le risque de découvrir de nouveaux territoires de ma conscience par le sensible. Ce langage, à part entière, ne peut être que décrypté par la propre démarche de l'individu. Là où le temps se suspend et nous laisse entr’apercevoir la féerie de notre monde »
julien jeanne

Comment transmettre et densifier cette parole à d’autres et la remettre en jeu de multiples façons ?

Ce projet chorégraphique, tente, de se développer dans une porosité aux autres sphères artistiques, tels les arts plastiques et la création sonore. La démarche est d’explorer les rapports que nous entretenons les uns envers les autres et dévoile l’influence de nos rapports à l’architecture, aux images, aux objets de notre quotidien sur notre manière d’appréhender et de construire notre cadre de vie.

Le processus s'est amorcé, dans le temps, avec l'envie d'aller à la rencontre de passants pour leur poser des questions sur leurs points de vue, concrets ou fantasmés à leur environnement et de récolter cette parole. En parcourant les rues, les magasins, les bars, les parcs, la campagne, le bord de mer, est née une expérience de colporteur. À partir de ces actions, de ces moments d’écoute s’est élaborée une matière-mémoire, un prisme susceptible d’être réactivité à travers le désir de porter à d’autres ces fragments d’identité, sorte de manteau d’arlequin pour dire le monde ou du moins éveiller notre curiosité.

Mon désir est de proposer une exposition vivante performative. Un Parcours paysagé, à l’allure d’une visite guidée, cet espace est comme un catalyseur, une boîte noire de tout ce qui peut être entrepris à l’extérieur dans les différentes résidences. Ce lieu se transforme dans sa mise en jeu en un espace-mémoire éphémère, un espace d’imprégnation sensible, aux frontières d’une utopie.

Cette installation chorégraphique, sorte architecture modulable aux sphères sociales multiples, propose un jalonnement de mini scénarii, composé de tous ces fragments identitaires, tels les témoignages récoltés, les flux sonores, des photographies polaroïd prisent par les témoins, des objets et des vêtements faisant référence à notre quotidien. La présence de la lumière est en perpétuel mouvement comme un repère temporel, inspiré directement de ces moments d’ensoleillement, de ciels couverts ou de tempête…

En partant de ces matières concrètes, cela permet d’élaborer plusieurs partitions pour développer des corps métaphoriques (des phasmes). Ainsi dans la subjectivité des actions, se proposent des constructions de territoires, des paysages avec différentes strates de lecture. Au fur et à mesure, dans la mise en œuvre de cet espace commun comme une aire de jeu, lieu de jonction possible entre les publics et les trois performeurs (un danseur, un plasticien, un créateur sonore), s’arbore une cartographie imaginaire singulière ou commune investie par tous.





PRESSE


la mémoire qui danse

On a tous en tête un petit coin de ciel bleu. À moins que ce ne soit un lac amoureux, un bout de trottoir ou un champ de fleurs. Si l'on rassemblait ces morceaux de paysage épars, éparpillés dans l'esprit des uns et des autres, on composerait un puzzle baroque et bariolé, tout à la gloire de l'utopie. Cet univers imaginaire, Julien Jeanne le met au jour. Trois années durant, l'artiste a collecté la parole publique. En résidence au Centre Chorégraphique et la criée, il a sculpté cette "matière-mémoire" pour lui donner une forme visuelle. L'installation chorégraphique
10 cm d'écart est le fruit de ses travaux. Une architecture ludique de perceptions intimes. Avec du papier de soie, des couvertures à poil vert, des soldats de plastiques ou des mètres escamotables, Julien Jeanne et ses confrères - le plasticien Nikolas Fouré et le créateur sonore Boris Jakobek - plantent un décor mouvant sur un carré blanc de linoléum, auréolé de lumière. Petit à petit, une ville prend vie. D'ailleurs, le public a droit de cité: à l'invite des performeurs, il pourra se glisser dans le tableau. Comme l'acteur de mini-scénarii qui redessine notre géographie avec des cubes de bois et des ballons gonflables. " comme dans un lieu de culte, j'aimerais que le spectateur prenne le temps de l'introspection pour comprendre comment il participe à son environnement", prolonge le danseur. Dommage que toutes les cartes routières ne soient pas aussi poétiques...

Olivier Brovelli