© Damien Marchal

























Parade est à envisager à la manière d’une géographie humaine et imaginaire, où chaque identité se fait le véhicule d'évocations singulières, où chaque visage devient un paysage mémoriel conjuguant passé et présent. Une sorte de monument chorégraphique éphémère édifié par sept silhouettes, dépliant une collection d’instants sur l’excès de pouvoir.
Comment s'incarnent les figures de la domination, de l'autorité, de la soumission, de la révolte – toutes les formes de violence politique et sociale ? Comment les postures et la gestuelle exacerbée des dictateurs travaillent nos représentations du pouvoir ? Et qu'est-ce qui se glisse entre ces instantanés, ces poses figées ? De ce catalogue de gestes, d’attitudes, de postures et de visages issus de photographies de dirigeants, de politiciens, de religieux, mais aussi de manifestants ou de mouvements de révolte - émerge une méditation sur les procédures d’uniformisation qui contraignent les corps ainsi que sur le potentiel de renversement de ces représentations.

Distorsion et suspension des visages
Le principe des partitions a été conçu afin que chaque attitude extraite des photographies, sortie de son contexte, ne soit qu’un point de passage dans la chorégraphie. Le protocole de départ s’appuie sur un travail à l’unisson. A partir d’une série de « micros mouvements » à peine perceptibles, tout l’enjeu de cette pièce est d’aboutir à un enchaînement continu d’états. A l’intérieur du continuum, des cycles de gestes se répètent inlassablement jusqu’à se métamorphoser sous l’action de la fatigue et du décalage progressif des interprètes.
Des corps alignés, le regard porté vers un horizon invisible. Des présences en constante évolution, devenant au fur et à mesure un inquiétant paysage d’attitudes.

Des vibrations lumineuses
Le principal dispositif scénique sera une architecture lumineuse utilisant une palette colorée de magenta, de rose et de fuchsia. La présence de cette architecture en perpétuel mouvement agira comme un repère temporel rappelant les aléas météorologiques – ciels couverts, ensoleillement ou tempêtes. Cette composition autonome provoquera des bouleversements passagers : les variations de lumières, quasi unicolores, s’écouleront inexorablement de seconde en seconde, métamorphosant l’espace de représentation et les identités des corps.

Un écosystème chorégraphique
D’une certaine manière, la composition – comprenant l’ensemble des médiums utilisés – est semblable à celle d’un jardin : l’intention serait de parvenir à une relation harmonieuse entre les éléments, tout en incluant cette part indispensable du vivant que représente “l’aléatoire”.
À travers les transformations minimales et épurées des gestes, les apparitions et disparitions, l’expressivité, les contorsion des visages – s’affirme en creux, presque de manière spectrale, la part historique et culturelle des photographies et des matériaux d’origine. Cet horizon quasi contemplatif de gestes et de postures qui se répondent et se complètent, se fondent et s’enchaînent – offre un espace méditatif de réflexion : une boite noire où oscillent les fantômes de l’histoire. Une façon de condenser un récit commun, mais aussi d’en enclencher d’autres.

« C’est ce que Godard appelle la fraternité des métamorphoses : la possibilité pour une attitude dessinée par le crayon de Goya de s’associer avec le dessin d’un plan cinématographique [...] ; la possibilité d’écrire de multiples façons l’histoire du siècle en vertu du double pouvoir de chaque image : celui de condenser une multiplicité de gestes significatifs d’un temps et celui de s’associer avec toutes les images douées du même pouvoir »
Jacques Rancière, Le spectateur émancipé – édition La Fabrique, 2008 

UNE COLLECTION D'INSTANTS par Boris Brussey

©Boris Brussey

©Boris Brussey
©Boris Brussey
©Boris Brussey
©Boris Brussey
©Boris Brussey
©Boris Brussey
©Boris Brussey

LE CORPS COMME CAISSE DE RÉSONANCE DES ÉTATS DU MONDE

Après Un effleurement, construction fragile pour un danseur et son double aérien, le chorégraphe Julien Jeanne poursuit sa réflexion sur le corps comme caisse de résonance des états du monde. Avec Parade, c'est une machine collective à produire des réminiscences qui investit la scène : un mystérieux septette absorbant, déformant et interrogeant les symboles qui saturent la mémoire collective. A partir de photographies cristallisant l'excès, Parade fait défiler les signes du soulèvement, de la révolte, de l'oppression ou de l'abus de pouvoir – montant et démontant les figures, cernant les zones de trouble, de contiguïté, ou changeant les vitesses de défilement à la manière d'un long fondu enchaîné.

Ça commence comme une hallucination sonore et visuelle, une cérémonie funèbre qui entraîne à sa suite un cortège d'images lancinantes. A mesure que se dissipe le vertige, que la ronde se disloque, apparaissent des individualités, des failles, des aspérités. Les indices contradictoires d'un présent multiple et inquiétant font vibrer le plateau : enveloppé de lumières changeantes, de sons qui le balaient et le bombardent par vagues successives, il se change en zone de conflit ou en puzzle mental. Comme si une paroi perméable séparait le public de la scène, des images mutent, transmises par impulsions et surimpression fantomatiques, reconstituant un paysage onirique de transformations successives. Les gestes s'échangent, les échos circulent de corps en corps de manière imperceptible : un flottement généralisé s'installe, où s'invente une physicalité faite d'états intermédiaires, de greffes monstrueuses ou décalées, de torsions et de chimères. Parade aspire les images et en restitue la trace dans la conscience : un défilement subliminal qui défait le caractère photographique du pouvoir, et recompose un devenir secret.
 
Gilles Amalvi

UN EFFLEUREMENT - Une danse excentrique

photo Jérémy Malmasson
















_______________________________________________________________________

CRÉATION 
> Le 11 Février 2011 - Festival Artdanthé 
Théâtre de vanves, scène conventionnée pour la danse

REPRÉSENTATIONS
> Le 18 et 19 mai 2011 - Festival Agitato
Le Triangle, cité de la danse

> Le 27 février 2012 - Festival Action
Atheneum, centre culturel de l'université de Bourgogne

________________________________________________________________________

"Un effleurement anime une symphonie en douceur
Un point de fuite donnant la possibilité d’être dans une perception d’apesanteur
Telle une plume, dans un continuum, prenant le temps de se déposer sur le sol
Ainsi offrir à la rétine d’être effleurée pour se réinventer nos territoires 
Souffler à l’oreille une enzyme mémorielle
Une vibration
Un massage mental
Toucher du doigt ses désirs les plus fous
Là où palpite notre corps
D’être ici et maintenant"
Julien Jeanne


Après la série de performances Héliogravures, Julien Jeanne revient, avec Un effleurement, à la forme du solo, guidé par une question : comment habiter la scène, mettre en mouvement le corps à partir d'une relation simple ? Faire d'un objet – le ballon – une surface de projection mentale et un support métaphorique ? À partir de ces deux présences et de leur rapport, il invente un paysage modulé, laissant circuler des ambiances – du méditatif à l'angoisse sourde.

Double abstrait, visage sans traits, entretenant avec le danseur une relation d'interaction fragile, le ballon introduit une zone de contemplation diffuse, un décentrement du regard. Sa relation avec le danseur oscille entre moments d'osmose – où la gravité paraît suspendue et le ballon ne faire qu'un avec le corps qui l'anime – et moments de séparation, de vide. Dans le battement entre ces deux états se glissent images et réminiscences : accentuées par la respiration des lumières – l'alternance d'obscurité et de flashs qui absorbe et souligne les formes – des figures s'impriment, reviennent, s'évaporent. Les flashs qui se succèdent forment les pièces d'un puzzle aux motifs changeants – dont le ballon est comme la case vide, en constant déplacement, et la silhouette de Julien Jeanne le motif éphémère.

L'aspect incontrôlable de cette « forme dansante aléatoire » nous fait toucher simultanément la fragilité et la répétition, l'abstraction mentale et la métaphore d'un rapport au monde – mobilisant le toucher, la lutte, la possession, la douceur ou l'attente. À travers le balancement entre présence et absence – comme cette main tendue vers un ballon qui n'est plus là – Julien Jeanne convoque un monde intérieur fragile, permettant à chaque spectateur de recouvrir le support vierge du ballon de ses propres projections imaginaires. Un effleurement est peut-être le nom du réglage entre désir de possession et volonté d'effacement, tentation du vide et occupation minimale de l'espace. L'ajustement d'une attache au monde : deux présences qui se mettent mutuellement en exergue, et font entendre la ritournelle d'un « fort-da ». Un horizon qui conjugue l'au-loin, et l'ici.                                             Gilles Amalvi


>>> extrait vidéo: http://www.julien-jeanne.org/un_effleurement/

Distribution
Conception, réalisation et interprétation : Julien Jeanne
Composition sonore :  Damien Marchal
lumière : Alice Gill-kahn
Scénographie : Camille Riquier et Julien Jeanne
Regards bienveillants : Yoann Demichelis, Gilles Amalvi, Thierry Micouin et Martina Hochmuth

Production association index

Coproduction et résidence 
Musée de la Danse / CCNRB, CNDC d’Angers , CCN de Caen / Basse Normandie, Théâtre de Vanves - scène conventionnée pour la danse, Le Triangle - cité de la danse

L’association Index est subventionnée par la direction des affaires culturelles et de la Communication – DRAC Bretagne et la Ville de Rennes

Quelles facultés avons-nous de flirter avec le monde ?

 Cette nouvelle pièce est l’idée utopique de construire un sas où il est envisageable de suspendre le temps. Une façon sous-jacente d’interroger comment nous prenons le temps de nous connecter à notre environnement extérieur et par quoi nous sommes affectés aujourd’hui. 

Un effleurement, 2010, still.
« Un effleurement » est une exploration sur les différents états corporels induits par l’acte du toucher ou d’être touché, tant dans nos manières d’être en relation avec notre sphère sociale que par nos représentations mentales ou nos influences environnementales. 

À travers une dramaturgie très simple et une épure visuelle, ce spectacle tente d'offrir un langage chorégraphique, esquissé, de gestes invoquant des sédiments de notre mémoire collective, dont la mise en œuvre s’opère par des qualités d’adhérence possibles d’un corps sur la membrane d’un gonflable. Une relation entre pression et décompression, par des points de suspensions (points de repos) et de vigilance entre attraction et répulsion. 

La membrane d’un gonflable comme une représentation allégorique du monde

Ce gonflable est une sorte d’interface avec notre dimension sociale et environnementale, un totem d’invocations comme un possible contact avec l’univers dans une pluralité. Elle devient dans sa métamorphose la peau du monde, notre rapport à l’autre, une pensée intérieure. 

Ce « quasi-objet » en lévitation est un ballon noir. Il donne dans sa perception visuelle et sa manipulation une préhension plus ouverte sur notre imaginaire. Les relations et configurations spatiales que le corps entretient à cet objet donne la possibilité de découvrir des lectures en filigrane. Des évocations suggérées, dans une sensualité à fleur de peau, par des gestes tendres comme une manière de créer un souffle, de ressentir sans force une adéquation en résonance à ce qui gravite autour de nous. Les détails et la précision de gestes lents accordent cette faculté de suspendre le temps, pour révéler pendant des instants une perception photographique de l’espace scénique. 
L’image extraordinaire me semble aujourd’hui se placer dans des choses simples, sans apparat et sans accumulation d’information. Un espace qui m’apparaît comme «en voie de disparition». Ce postulat m’amène consciemment à offrir un registre minimaliste, à l’inverse de la haute machinerie. 



Les sources du projet : 
Un effleurement, 2010, still.
Les sédiments sont des empreintes que j’ai traversées, comme d’autres. Cela en est une interprétation. Mes influences sur la chorégraphie se sont inspirées de différentes sources : 
- Le cinéma : Mulholland Drive de David Lynch, Le dictateur de Charlie Chaplin, Le Ballon Rouge de Albert La Morisse, Gerry de Gus Van Sant, , 2001 L’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. 
- Photographie : Le mouvement des photographies humanistes des années 1930 à 1960 comme Willy Ronis, Edouard Boubat et peu plus tard Raymond Depardon. Leurs particularités étaient d’avoir une vision tendre et positive sur le monde. Dernièrement, les photomontages de Gilbert Garçin. 
- La peinture caravagesque : La technique picturale laisse entr’apercevoir entre l’ombre et la lumière, ainsi que l’expressivité de représenter des corps et leurs visages une perception plastique qui m’intéresse. 

Les composantes du projet : 
Le son, élément important dans le dispositif se compose en direct par la présence d’un plasticien sonore. Par détournement, celui-ci manipule la plasticité de résidus sonores captés sur des disques durs informatiques. Il en fait surgir, par infiltration des nappes et des fréquences, une architecture sonore.




« Pour cette collaboration, Un effleurement, Julien Jeanne m’a sollicité afin de produire un écho à ses postures au travers d’une composition sonore. Celle-ci met en jeu des Modulateurs à Masse Magnétique. Amplifiés, ils ont pour particularité de produire des fréquences extrêmement régulières et continues. Cela s’obtient grâce à des disques durs d’ordinateurs montés en grappe. Sur ceux-ci, par différentes actions de circuit bending, des variations sont obtenues. Cet intérêt pour ces modulateurs à masses magnétiques vient de la comparaison entre, le gonflable et la source sonore. Le ballon produit des champs électrostatiques et électromagnétiques avec lesquels le danseur improvise pour élaborer ses mouvements, la source sonore, elle, produit le même type de magnétisme ce qui permet d’obtenir un vocabulaire commun entre les sons et les situations de corps. Le magnétisme est un phénomène physique, par lequel se manifeste des forces attractives ou répulsives d'un objet sur un autre, ou avec des charges électriques en mouvement.
Cet échange entre le chorégraphe et le plasticien sonore se fera sur un phénomène physique commun mais par des moyens d’expression complémentaires. »  Damien Marchal 

Un effleurement, 2010, still.
Le parti pris de la lumière s’est inspiré directement de phénomènes d’ellipse cinématographique. Pendant tout le long du spectacle s’opèrent des respirations lumineuses, afin de proposer des situations de répétition qui agissent sur la perception de l’ensemble de la chorégraphie. 

Ce projet hybride alliant danse et arts visuels est une sorte d’orchestration picturale à la manière d’une « ardoise magique ». L’ensemble de l’espace scénique entre le corps et le gonflable, ainsi que l’accompagnement de la composition de résidus sonores et la lumière transmet une imbrication visuelle entre sculpture, architecture et paysage. Une manière d’insuffler au corps du spectateur un état de contemplation propice à prendre appui sur ses sens. 

Un effleurement ouvre une cellule de suspension en douceur. Une sorte de tableau vivant animé par une figure pour en faire surgir dans l’infime de ses intentions des potentiels d’évocations. L’envie de proposer un environnement harmonieux, une situation à la fois stimulante et relaxante, une source – pleine d’élan vital – de mouvements propices, et prête à réagir au rêve d’un autre monde.


>>> extrait vidéo: http://www.julien-jeanne.org/un_effleurement/

Mael Iger
Eclairagiste, est impliquée dès ses débuts dans le domaine de la danse.
Considérant l’éclairage comme un élément vivant, intégré à titre de partenaire à la chorégraphie, elle développe des interactions singulières entre la danse et la lumière, aux côtés des chorégraphes québécois Chantal Lamirande et Benoît Lachambre, de la danseuse Marion Ballester, des performeuses nord-américaines Antonija Livingstone et Heather Kravas, du metteur en scène Bruno Geslin.
Son activité professionnelle l’amène aussi à opérer comme régisseuse lumière de la
conceptrice Caty Olive pour les tournées du chorégraphe Christian Rizzo, du concepteur Yves Godin pour les tournées des chorégraphes Boris Charmatz et Michel Schweizer, pour Véra Mantéro et pour le Quartz, Scène Nationale de Brest.
En janvier 2009 elle élargit son champ de création en réalisant un éclairage architectural : elle crée une mise en lumière du Théâtre de Cornouaille, Scène Nationale de Quimper.
Elle poursuit également son travail de recherche au sein de ses propres créations performatives, où elle conjugue danse, éclairage et espace.

Damien Marchal
Le plasticien sonore Damien Marchal travaille depuis plusieurs années autour de différentes problématiques liées au son et aux influences qu’il peut avoir. Il utilise le son comme matériau pour élaborer des pièces et des environnements artistiques. Questionnant aujourd’hui, dans des productions personnelles, l’idée du passage à l’acte dans le domaine de la violence. Il s’efforce de mettre en oeuvre des dispositifs sonores où le son est l’élément fondamental du projet. Dans le projet GARBAGE TRUCK BOMB le son produit l’onde de choc d’une explosion terroriste, alors que dans le projet IED_ (improvised_explosive_device, objet sonore mis en vibration). L’objet devient résonnant et diffuse l’interview entre une Bagdadie et une journaliste américaine.
Cette approche sonore aux multiples ramifications, se met en jeu sous forme de performances, de dispositifs interactifs ou d’installations ainsi que dans des recherches et des collaborations avec d’autres artistes. Comme le photographe Richard Louvet, la plasticienne Pauline Boyer, le musicien Nicolas Mangin et également le chorégraphe et danseur Julien Jeanne.

Olivier Balzarini
Né en 1974 à Chantilly en France. Il s'est intéressé très tôt aux arts plastiques qui l'ont conduit vers le mime et la danse. Entre 1994 et 1996, il fait ses études d'arts plastiques à l'Université de Paris1 Panthéon-Sorbonne, qu'il suivra jusqu'en licence. Puis entre, en 1997, à l'école de Mime du Studio Magenia, sous la direction d'Ella Jarosewicz. En 1999 il intègre la compagnie Gisèlle Vienne D.A.C.M. pour deux créations, Splendid’s et Showroomdummies. Il rencontre ensuite le chorègraphe belge Pierre Droulers qu’il
suivra en tant qu’interprète puis assistant artistique de 2003 à 2010. Parallèlement, il créé le groupe T.N.S.H. collectif d’arts multimédia et de recherches chorégraphiques. Il fait partie aujourd’hui du groupe japonnais Dumbtype pour diverses créations au Japon et en Europe. Il travaille également au Louvre en tant qu’accrocheur pour les expositions temporaires.

Jung-Ae Kim 
Née en Corée du sud. Elle est diplômée du Conservatoire de Paris - CNR et a suivi la formation EX.E.R.CE au CCN de Montpellier/Mathilde Monnier. Elle est titulaire du Diplôme d’État de professeur de danse. Elle est lauréate de la bourse de Fondation de France et crée Jamais de Jambes, puis elle reçoit une commande de la SACD et des Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis pour créer Doc[독] -
Vif du Sujet 2009. Elle collabore en tant qu’interprète avec Mathilde Monnier, Philippe Quesne, Olivier Dubois, Herman Diephuis, Arend Pinoy, David Drouard, Marion Lévy, Jean-François Peyret, Benoit Bradel et Odile Duboc.

Stéphane Imbert 
Après une formation en danse classique, Stéphane Imbert entre en 1982 au Ballet du Rhin à Mulhouse, puis au CCN de Tours sous la direction de Jean-Christophe Maillot. Il rencontre Odile Duboc en 1990 lors de la formation nationale «danse à l’école», et collabore avec elle neuf années notamment pour Projet de la matière et Trois boléros. Pendant cette période, il anime des ateliers pédagogiques au CCN de Franche-Comté à Belfort. Il assiste Anne-Karine Lescop sur le Petit Projet de la matière, une adaptation de Projet de la matière d’Odile Duboc. Il transmet aujourd’hui la pédagogie d’Odile Duboc auprès du CDC de Toulouse, du Conservatoire de Montpellier, et pour l’option danse au BAC. Pédagogue au sein du Théâtre l’Espal au Mans, il anime des ateliers en direction des scolaires, des amateurs et des jeunes en CEF. Avec Marcelle Bonjour, il conduit des formations pour les enseignants de la danse en France et en Suède.
Il collabore aussi pour Georges Appaix, Michel Laubu, Thomas Lebrun Cie Crescendo,
Nathalie Béasse, Boris Charmatz. Il co-signe deux duos: Un air de rien avec Catherine Dreyfus. et des oiseaux de passages avec François Grippeau.

Johann Maheut
«Diplômé de l’école supérieure d’art du Havre, il expose en France et à l’étranger. Ses photographies font partie de la collection du Fond Régional d’Art Contemporain Haute- Normandie. En 2007, il suit la formation ESSAIS au CNDC d’Angers sous la direction d’Emmanuelle Huynh, crée ses premières pièces chorégraphiques et coopère en tant que
scénographe, vidéaste, collaborateur artistique avec Marianne Baillot, Anne Collod, Clara Cornil, João Costa Lima (dans le cadre de l’année de la France au Brésil), Xavier Marchand, Carole Rieussec, Annabel Vergne et David Wampach.
En 2009, il fonde l’association Cereus Plastic avec laquelle il produit ses créations. Il met en scène actuellement «Les invités» une pièce inédite de Thierry Illouz et prépare le projet «C’est donc cela que nous faisons» pièce pour trois interprètes, avec un dispositif acoustique ambisonique.

Yaïr Barelli
né en 1981 à Jérusalem. Après des études en psychologie et linguistique, et avoir travaillé avec plusieurs chorégraphes en Israël, il vient en France en 2008 et s’y installe. Il travaille comme interprète pour différents artistes et chorégraphes : Emmanuelle Huynh, Christophe Le Goff, Marlène Monteiro Freitas, Tino Sehgal. Ses travaux ont été présentés en France, en Allemagne, en Angleterre et en Israël. Il travaille actuellement sur le solo Ce ConTexte et développe différents travaux en collaboration avec Neal Beggs et également avec le collectif åbäke Il intervient pour donner des workshops dans différentes institutions, notamment au CNDC à Angers, à Londres à The Place et à la Haute École d’Art et Design à Genève.

Clarisse Chanel
En parallèle à des études d’arts plastiques à la Sorbonne, où elle oriente son travail vers l’interrogation du corps dans la performance et l’installation, Clarisse Chanel se forme durant deux ans aux Rencontres internationales de la danse contemporaine (RIDC).
Elle intègre ensuite la formation d’artiste chorégraphique au Centre national de danse contemporaine (CNDC) d’Angers, où, de 2009 à 2011, elle travaille avec de nombreux artistes.
Elle enrichit depuis sa pratique d’artiste chorégraphique au côtés de Fabienne Compet, Faustin Linyekula et Dominique Brun. Pour laquelle elle est assistante et l’interprète.

Mélanie Giffard
Née en 1987 à Caen, Mélanie Giffard débute la danse contemporaine dans le milieu associatif caennais. Après sa formation «De l’interprète à l’auteur» en 2008 au sein du CCN de Rillieux La Pape-Cie Maguy Marin, elle rencontre lors d’ateliers en 2009 Myriam Lebreton, Raphaëlle Latini et Vincent Dupont. Ce dernier l’invite à observer un temps de sa création, « Souffles ». En août 2010, elle participe au Skite, chantier de rencontres et de résidences dirigé par Jean Marc Adolphe, Danse Perspective et Youness Anzane.
Depuis 2011, elle rencontre et travaille avec des chorégraphes tels que Héla Fattoumi-Eric Lamoureux, Daniel Clifton, Liz Santoro, Herman Diephuis et Maud Le Pladec, autant d’univers qui questionnent et enrichissent son interprétation.


Gilles Amalvi est écrivain. Il a publié Une fable humaine et AïE ! BOUM aux éditions Le Quartanier. Depuis Radio-Epiméthée, version scénique et radiophonique de Une fable humaine, il se consacre à l'exploration de l'écrit par le matériau sonore. Il a réalisé les lectures sonores de AïE! BOUM, et des Chroniques de John Abdomen (tombeau pour une fiction). Actuellement, il travaille sur le projet Orphée Robot de Combat, poème-concert pour homme-orchestre, la série des Ballades (haïkus à l'ère de la marchandise), ainsi qu'à l'élaboration du roman Kranax. Parallèlement, il écrit pour les Rencontres Chorégraphiques de Seine-Saint-Denis, le festival d'Automne, et le Musée de la Danse à Rennes.

Alice Gill-kahn - Régie Générale et lumière
Après des études littéraires et de théâtre, Alice Gill-Kahn intègre en 2004 la formation PRISME dédié  aux différents métiers technique du spectacle vivant. Ce cadre privilégié de formation continue, l’amène à acquérir un savoir faire à travers  une multiplicité des expériences dans des salles de spectacles et de concerts à Rennes, à la Comédie Française, l’Opéra Garnier ainsi qu’au festival de cinéma  Travelling. Dans une évidence, elle décide de se spécialiser dans l’éclairage au sein de L’institut général des techniques du spectacle de Grenoble et du Théâtre De Bobigny MC 93.
En 2007, elle travaille dans différentes structures, tels que le Théâtre National de Bretagne, le Musée de la danse et l’Opéra de Rennes. Elle évolue au sein de plusieurs compagnies  dans les arts de la rue avec  L’affaire Foraine,  du  théâtre avec la compagnie Ni Plus Ni Moins, ou dans la musique avec le groupe Nola’s Noise  à travers un univers cabaret.
En  août 2009, elle rencontre dans une première collaboration Julien Jeanne à la mise en lumière du projet Héliogravures au Musée de la Danse.

Camille Riquier - Scénographe
C’est d’abord par le jeu théâtral que Camille Riquier explore le spectacle vivant. Elle participe à de nombreux ateliers autour du corps et du jeu masqué avant de se tourner vers la scénographie (Yoshi Oïda, Théâtre du Soleil, compagnie Dérézo).Elle obtient en 2007 une maîtrise d’Arts Plastiques à l’université Rennes 2 puis poursuit une formation de scénographie à l’ENSA de Nantes. Dans ses recherches, elle développe une dramaturgie de l’espace entre transition et circulation et s’attache aux possibles confrontations des matériaux.Son activité professionnelle s’oriente vers les différents champs d’application de la scénographie. Ainsi, elle collabore à des projets variés dans le théâtre (On n’est pas seul dans sa peau ; Notre besoin de consolation - mises en scène de Julie Berès), les arts de la rue et l’espace public (Kabaré Flottant - mise en scène de Charlie Windelschmidt), l’exposition (Bêtes et hommes à La Grande Halle de La Villette), l’opéra (L’Ormindo – mise en scène de Dan Jemmett) et le cinéma (Fin Normal - réalisation de Jonathan Gentil). En 2010, elle rencontre Julien Jeanne, entamant une collaboration autour du projet Un Effleurement.

Céline Roux est docteur en Histoire de l’art et chercheur spécialisé en art chorégraphique. Consacrant une grande part de ses recherches aux pratiques performatives, elle est l’auteur de Danse(s) performative(s) (L’Harmattan 2007). Elle collabore aux projets artistiques de danseurs-chorégraphes contemporains.

Samuel boche - Photographe / vidéaste
Depuis 1998, je m'intéresse à une multitude de thèmes… mais mon sujet de prédilection s'oriente toujours autour des gens, particulièrement dans la ville.
Photographe de rue, je suis plus à la recherche d'une représentation universelle et intemporelle de l'individu que de l'identité ponctuelle de mes sujets. C'est pourquoi je choisis de travailler en priorité sur le terrain, dans des lieux où je peux me perdre dans la foule et observer à ma guise les différents comportements dont je tire mon inspiration, j'investis alors la rue, les gares, les autoroutes, les trains, les parkings, les stades. Mes personnages ne sont plus que de brèves apparitions mises en opposition avec les matériaux qui composent la ville à savoir le mobilier urbain, le bitume des trottoirs, les véhicules, l'architecture. Je compose ainsi un portrait de la ville et de ses habitants.
Mes photographies sont réalisées lors de mes nombreux déplacements. Pour avoir une impression d'espace, de liberté (le sens de liberté viendrait du fait que l'on serait toujours en mouvement), il faut changer de  place, bouger, voyager. D'un point de vue fixe, on aurait du mal à mesurer la relation entre soi-même et l'espace qui nous entoure. Voyageur, je deviens anonyme, mon identité s'évanouit (sauf lors des nombreux contrôles policiers…) et sans identité je n'ai pas besoin de me cacher des autres, de jouer le jeu qui justifie mon existence vis à vis des autres…
Mes images assemblées en séquences rappellent que la photographie est le point de départ du langage cinématographique. Story-board, court-scénario, je considère ma pellicule comme un film, une histoire. Ici par trois, là par deux, ici toute seule, mes images ont un rythme saccadé, les jours n'ont pas tous la même allure…

Boris jakobec - Capture et création sonore
Larsens, drones, frottements, vibrations (pulsation), bourdonnements, parasites, bruissements,
évolution, processus, développements, métamorphoses, mouvements, rythme régulier, continu.
Captés, saisis ou fabriqués (produit, réalisé, créé, confectionné, élaboré), Boris Jakobek  joue avec les sons et leurs formes.
Il conçoit des installations et compose des morceaux à partir de sons travaillés sur ordinateur. Captés dans son environnement, au gré de ses déplacements, fabriqués à l'aide d'instruments de musiques, ou encore obtenus par frottements, vibrations ou autres manipulations d'objets divers, sa musique a souvent pour base un drone, autour duquel il articule ensuite ses sons. Ses installations consistent en une accumulation d'objets, d'instruments trafiqués/bricolés et de haut-parleurs. Minimaliste, parfois aléatoire, faisant la part belle à l'improvisation, les harmoniques/accords s'enchaînent et s'assemblent dans un rythme sporadique.
Carole Lamour

Nikolas Fouré - Plasticien
Je suis né en 1976, au mois de mai, durant la canicule. J’ai beaucoup pratiqué le sport, principalement la gymnastique, jusqu’à mes 15 ans. Puis j’ai découvert « la vie », l’art, la culture en général et particulièrement les arts plastiques, alors je suis rentré dans une école d’art.
Aujourd’hui je suis plasticien.
Je me promène entre sculpture et performance, dessin et installation ; mes recherches formelles sont multiples et s’égrènent selon les intentions.
Les projets me portent.
J’aime me comparer à un sas, un vecteur qui telle « une machine désirante » prend et rejette.
Comme un niveau il faut trouver l’équilibre : entre soi et les autres, entre ciel et terre (gravité sociale).
J ‘aime les mots, la clarté équivoque, l’absurdité et la contemplation.

Fabien Bossard - Régie générale et lumière
Mon attrait et mon investissement pour les métiers d’éclairagiste et de régisseur résultent à la fois d’une formation théorique, mais aussi et surtout des rencontres que j’ai pu  faire avec des techniciens, des metteurs en scène, des scénographes qui m’ont souvent amenées à travailler sur des projets de création en spectacle vivant.
En juin 2003 je valide un C.A.P. d’opérateur projectionniste de l’audiovisuel et en juin 2004 une licence d’arts du spectacle. Cumulant aux études des stages de technicien lumière (auditorium Le Tambour et L’opéra de Rennes), mon engouement pour les métiers techniques du spectacle se prononce rapidement.
Depuis 2005 je travaille régulièrement dans plusieurs structures culturelles dont le centre chorégraphique national  de rennes et de Bretagne et le théâtre du Cercle. Cela m’a amené à
expérimenter et accompagner des projets de danse contemporaine et de théâtre.
Ma première création lumière est née de la rencontre avec le metteur en scène de la compagnie Felmur Gweltaz Chauviré pour le spectacle Preparadise Sorry Now en avril 2005 au théâtre du Vieux St. Etienne. Cette collaboration prend suite avec sa prochaine création en novembre 2007.
En novembre 2006, j’intègre la compagnie Là où pour une reprise de régie du spectacle de marionnette contemporaine Mitoyen, suite à la rencontre avec l’éclairagiste Laurent Queyrut.

Vincent Lemeur - Prise de son et création sonore
Diplômé technicien du son à Rennes en 2003, mes expériences dans le milieu du spectacle, de l'audiovisuel et du studio sont aussi nombreuses que variées : perchman cinéma, télé, radio, création de bande son cinéma, télé, radio, installation et sonorisation de spectacle, production cinéma, régisseur et responsable d'un spectacle historique extérieur.  Suite à ce vécu, me voilà aujourd'hui disposé à m'installer en Bretagne, et développer des projets aussi techniques que créatifs. Rechercher, développer et collaborer avec d'autres artistes et associations du grand Ouest. J'accumule pour cela l'investissement matériel personnel pour la réalisation de bandes son, la création, l'enregistrement et le stockage sonore pour une sonothèque riche et variée. C'est un travail minutieux qui se développe au jour le jour, notamment grâce aux projets et collaborations dans le spectacle. Mon activité en Bretagne se résume actuellement à la sonorisation et au développement de ma station de montage son. Le but à longs thermes est de construire et développer des réseaux, des ressources sonores, innover et m'investir dans des projets culturels.

David Chevé - Plasticien
« Bien heureux celui qui ne sais pas où il va, car il ira loin ». Après mes études en arts plastiques (maîtrise), rien. Ou presque rien. C'est à ce moment que je décide - ou que s'impose à moi l'idée d'une continuité, c'est à dire l'idée d'un quasi ailleurs qui entretiendrait un rapport avec mon passé. Je participe à ex.e.r.ce au centre chorégraphique national de Montpellier en 2005, ce qui me permet de prolonger donc des réflexions sur le corps déjà entamées durant mon cursus universitaire. Je travaille également depuis 2 ans avec une plasticienne autour de la vidéo sur l'idée d'une danse de société ; et depuis octobre 2005 avec un scénographe à travers des expériences plastiques faisant se confronter ou pour être plus juste faisant se réunir du corps et du décors, de l'espace et du mouvement, des structures et du physique... Pour le dire simplement je me plaît à chercher.

Yoann Demichelis - Collaborateur artistique
Entré initialement au Centre National des Arts du Cirque de Chalons en champagne dans un souci de pratique multiple et indisciplinaire, il en est finalement sorti pour  intégrer la formation « Ex.e.r.c.e. » du Centre Chorégraphique National de Montpellier. Depuis, il s’est investi dans différents projets, au théâtre où il  a joué dans «Katherine Barker» de Serge Tranvouez,«Monelle» de Zouzou Leyens ; ou en danse avec «Frère et Sœur», «Tempo 76  » et bientôt «Pavlova 3’23» de Mathilde Monnier, «Cribles » d’Emmanuelle Huynh  et «Hommage à Nicolas Poussin…» d’Hélène Iratchet.
En parallèle de son travail d’interprète, il a mis en piste «je est où tu suis, environ» pour Grégo Edelein,
collaboré avec la compagnie de théâtre La Querelle en tant qu’intervenant chorégraphique et accompagné Julien Jeanne pour son projet  «trois petits points».

Vincent Hursin - Composition sonore
C'est la musique jazz qui révèle ma sensibilité à cet art et mon intérêt particulier porté sur la dissonance des sons et du contre temps. Amateur de musique populaire, des techniques d'écritures nouvelles et des instruments acoustiques, je prends conscience de l'immense possibilité des matières sonores. En 2003, je m'engage dans des études audio-visuelles. Au cours de mes 3 années passées à l'ESRA Bretagne situé à Rennes, je me spécialise en musique, ce qui m'écarte du monde de l'image sans pour autant me désintéresser à cela. Les techniques de prise de son et de mixage m'ont été enseignées. Aujourd'hui, je participe à des projets de court-métrages, de productions musicales ou encore de spectacle vivant qui me renforcent dans mes acquits techniques et créatifs.

Matthieu Ferry - Lumières
1974 : naissance
1990 à 1994 : une 15zaine de spectacles comme éclairagiste en troupe de théâtre amateur
1993 à 1995 : études d’opérateur prise de vue video
1997 : premier spectacle professionnel : Le Roi Lear à Lons Le Saulnier (création lumière)
1996 à 1999 : études de théâtre à l’Ecole de la rue Blanche (E.N.S.A.T.T.), section lumière
Pendant l’Ecole je travaille avec P. Pradinas, F. Rancillac, M. Raskine, C. Stavisky, O. Py, J. Pommerat.
1999 à 2001 : débuts de ma vie professionnelle au théâtre, à l’opéra, dans la marionnette en
compagnies ou au sein des institutions théâtrales. Je travaille la lumière avec C. Stavisky, J. Falguières, V. Vidocq, C. Baqué, G. Lumbroso, P. Labaune, …
vers 2001 : Je commence à m’intéresser de plus près au rapport de l’espace et de la lumière.
commence à construire et à concevoir des décors de théâtre.
Pour un oui ou pour un non avec Emmanuelle Laborit (décor et lumières)…
Deviens donc éclairagiste et scénographe.
Et depuis… : Je continue à travailler au théâtre en croisant de temps en temps des expériences
à l’Opéra, avec A. Campo, M. Evesque, E. Houzé, G. Lumbroso, F. Meier, S. Tranvouez.
Je lie ma formation video à mon travail scénique dans les spectacles de P. Labaune (Prigent, Et jamais nous ne serons séparés, …), de C. Baqué (Bobby Fisher vit à Passadena, Septembre Blanc, Anatole),…
Dernièrement : J’oriente mon travail de la lumière vers une écriture en partitions et en improvisation
en direct : Proust (avec I. Paquet), Et jamais nous ne serons séparés (avec P. Labaune), Il ne faudra plus compter sur moi (avec la plasticienne M), Mes bibliothèques (avec F. Meier),
janvier 2006 : je rencontre Yoann Demichelis dans un spectacle de théâtre. Il me propose une
collaboration sous un chapiteau.
Juillet 2006 : Yoann Demichelis me propose de rencontrer Julien Jeanne pour un travail autour de la manipulation d’objet et de la danse…. une installation chorégraphique…

Chloé Catoire - composition sonore
Elle se forme à L’ENSATT (Ecole Nationale Supérieur des Arts et Techniques du Théâtre) en réalisation sonore. Dans ce cadre elle participe à la création son de La Cerisaie, mis en scène par S. Golomazov.
Depuis sa sortie en 2003, elle travaille en tant que régisseuse son pour divers spectacle (notamment Faust avec la compagnie Cartoun Sardines Théâtre, à Avignon puis en tournée) et participe à plusieurs spectacle théâtrales en tant que créateur son, comme Proust (mis en scène par I. Paquet au théâtre des Marronniers, à Lyon), Et je suis forte et grande et belle (d’après J. Fosse, mis en scène P. Labaune, au Nouveau Théâtre du Huitième, à Lyon), et Le bleus des Ipoés  (avec D. Charolles, musicien, et M. Richard, comédien, à Auxerre).  Sa participation à Tout est une question de point de vue est une première incursion dans le monde le la danse.

David Yven
direction artistique et Graphisme

Jeremy Malmasson
webmaster et Photographe

Fabrice Luraine
Webmaster et vidéaste

HÉLIOGRAVURES - création 2009

Une EDITION WEB a été réalisée en septembre 2010 pour retranscrire l'ensemble de ce projet 


cliquez sur ce lien http://www.julien-jeanne.org/heliogravures/

Héliogravures par Gilles Amalvi

Changer de gare de triage
Des nuées désordonnées de personnages anonymes, figures schématiques capturées dans les circuits d'un système clos – silhouettes mues par des flèches, des lignes – positionnées dans les grilles d'un réseau infini. Les Héliogravures de León Ferrari nous confrontent à un univers angoissant, fonctionnalisé jusqu'à l'absurde. Ses figures errantes forment des « vanités » : le revers allégorique de ces dessins d'urbanisme qui présentent du réel une version aseptisée. Derrière le rêve moderniste d'un bonheur standard, León Ferrari révèle un cauchemar kafkaïen.

Douées d'une singulière polysémie, abstractions porteuses de sens multiples, ces œuvres se prêtent tout naturellement à la relecture, au « déplacement des activités créatrices ». Comme l'explique Henri Michaux à propos du passage de l'écriture à la peinture : « Le déplacement des activités créatrices est un des plus étranges voyages en soi qu'on puisse faire. Étrange décongestion, mise en sommeil d'une partie de la tête, la parlante, l'écrivante (partie, non, système de connexion plutôt). On change de gare de triage »1 . Appliquer aux œuvres un autre « système de connexion », les brancher sur d'autres intensités, d'autres procédures formelles, leur attribuer un mode de visibilité qui en décale le commentaire – ce pourrait être une (autre) définition du « Musée de la Danse ». Accrochées dans les couloirs du centre chorégraphique de Rennes, ces gravures mettant en jeu un corps ayant perdu toutes coordonnées subjectives acquéraient un double statut : estampes à regarder et propositions à activer. Des dessins forment des arborescences – pourquoi pas des corps pour prendre le relai, circuler, faire dévier les sens ?

Invité à prolonger les ramifications imaginaires de l'exposition, le chorégraphe Julien Jeanne a proposé de les déplier dans le temps et dans l'espace – de confronter la surface du papier aux dimensions multiples de l'espace performatif. Artiste à la frontière de plusieurs territoires – installation, performance, pédagogie – Julien Jeanne s'est saisi de ces partitions à l'endroit de leur indétermination, afin d'en explorer différentes facettes. A la manière de suites et de variations, il a conçu une série de 5 performances, défaisant et reconstruisant les motifs des gravures, jouant sur le réel des corps et leur abstraction.
1 - Henri Michaux : Peindre, dans Passages.

Ces rendez-vous – qui avaient lieu une fois par semaine – ont instauré une scansion, une série d'encoches dans la durée plane de l'exposition. Un temps parallèle à celui de la contemplation des œuvres – où affluaient et se recomposaient les figures : l'oppressante neutralité, l'organisation à la fois rationnelle et délirante de l'espace, l'annulation des différences, des dimensions, la disparition d'une orientation. Autant de principes qui ont guidé l'élaboration du travail, sous forme d'ateliers conçus semaine après semaine avec 12 amateurs. Un principe, un temps d'apprentissage et de répétition, une performance. Partage, mise en circulation, et représentation : les Héliogravures de Julien Jeanne proposaient une mise en relais inédite d'évènements scéniques – offrant la possibilité de revoir, de déchiffrer autrement les œuvres.

Dessiner-danser / Danser-dessiner
La première performance posait un décor servant de point d'origine, dont certains éléments rappelaient la grande frise de León Ferrari exposée dans la salle – un labyrinthe où les figurations d'espace (tables, couloirs, w.c., urinoirs) sont parcourues de petits personnages identiques, avec l'éclosion ça et là de formes organiques ou végétales – systèmes nerveux, racines, nervures...

Dans ce solo, les objets constituant le décor – une pile de feuilles, un arbre, des toilettes, des rouleaux de scotch – évoquaient un quotidien rendu à son inquiétante étrangeté. Une « vie mode d'emploi » sans mémoire ni récit, un univers carcéral blanc, habité par une unique figure immobile. Les performances suivantes multipliaient ce corps désorienté par 12. Partant chacune d'un principe de composition, le déclinant, l'étirant, elles saturaient progressivement l'espace des mêmes gestes et des mêmes figures – jusqu'à l'épuisement. Des échos apparaissaient de l'une à l'autre, des images insistaient, comme celle de l'étendu, du gisant – point mort de ces figures en constante circulation. Le tissu sonore – conçu par Damien Marchal à partir de bruits de scanners – revenait lui aussi d'une performance à l'autre, comme un bourdon sans fin : le bruit oppressant de la reproduction des images.



Surexposition

En correspondance avec l'uniformisation des déplacements, des postures, des mouvements révélés par les Héliogravures, chacune de ces performances expose un individu uniformisé, un « homme unidimensionnel » en proie à des tâches répétitives – avec le sommeil (ou la mort) comme unique point de fuite. Le principe d'attente, de suspens que crée cet enchaînement continu – que nulle action divergente ne vient interrompre – place le public dans une attitude quasi contemplative. Aucun développement auquel s'accrocher, aucune rupture : les corps accomplissent leurs fonctions, se résorbant dans le système qui les anime. Le son et la lumière scandent ces gestes par des moments de rupture – un flash soudain, un black-out, le son du scanner qui se réinitialise – mais ces ruptures, comme de faux indices, restent indépendantes de l'action. Imperturbables, les corps poursuivent leur étrange procession.

Dans ce dispositif à la frontière de l'installation et de la chorégraphie, les spectateurs sont libres d'errer dans l'espace, de changer de point de vue, de chercher un angle révélant un sens, ou de supposer un indice sur la frise de León Ferrari, permettant d'interpréter l'ensemble. Mais comme en un étrange miroir, ils sont renvoyés à la pure circulation de ces personnages de chair et de papier – figurines équivoques de notre condition.

Avec Héliogravures la « valeur d'exposition » que porte une création – qu'elle soit picturale, textuelle, ou performative – se trouve mise en lumière : l'interprétation réciproque qui s'instaure entre l'œuvre, le lieu qui la montre et les artistes qui s'en emparent. Un centre chorégraphique exposant une œuvre qui l'expose. Un chorégraphe invité surexposant à son tour l'exposition. De la surface de papier à la scène, des dessins aux mouvements, les Héliogravures s'exposent au pluriel.

Le temps à bout de bras _ Larys Frogier, directeur de la Criée centre d'art contemporain

"Partout où un mouvement s’établit entre les choses et personnes, une variation ou un changement s’établit dans le temps. C’est-à-dire dans un tout ouvert qui les comprend et où elles plongent."
Gilles Deleuze

photo Samuel Boche
Julien Jeanne crée ses œuvres selon une attention extrême portée aux moindres bruissement des corps, aux mouvements de la pensée, aux éclats de rires ou de voix d’un groupe, aux manipulations de matières et d’objets simples et bruts. Fonder une création artistique sur cette disponibilité particulière au vivant revient à miser sur la transformation permanente, le mouvement perpétuel, la rencontre, la circulation, la mémoire, la potentielle disparition, la reconstruction, le déploiement, l’extension…

Alors, inévitablement, les créations de Julien Jeanne font défaut à la possession de l’objet et à l’occupation de l’espace. Face à ces propositions, les arts visuels et la danse risquent bien feindre l’aveuglement ou l’indifférence si ils demeurent trop attachés à la matérialisation plastique exclusive ou à la prise de territoire chorégraphique.

Jeanne travaille très souvent avec un espace existant : une résidence au sein d’une classe d’école, une captation sonore dans le quartier d’une ville, des souffles et des mouvements du corps autour d’un simple ballon flottant dans l’air… Ces contextes sont infiniment riches en énergie, de paroles, d’idées, de mouvements, d’images. Mais surtout, avec Julien Jeanne ces espaces existants ne sont jamais donnés ni joués d’avance. Il faut à chaque seconde les réinventer, les plier, les étirer et les déployer davantage, les traverser, les ancrer ou les propulser plus encore. Là est la véritable chorégraphie : la danse se fabrique hors d’elle-même c’est-à-dire à mille lieux d’une prétention à maîtriser ou posséder l’espace. Julien Jeanne nous invite alors à considérer que la réalisation du mouvement, l’expérience du sensible et l’exercice de la pensée nécessite, sollicitent et fabrique du temps.

Il rejoint en ce sens les recherches de Merce Cunningham qui accordait une attention prédominante à la temporalité. En effet, si la danse avait jusque-là l’illusion de créer et posséder l’espace. Cunningham nous a appris ceci : le temps n’est pas une conséquence du mouvement dansé dans l’espace, mais le temps génère toujours le mouvement. D’autre part, le mouvement se déploie à partir de ce qui échappe toujours, c’est-à-dire que la danse s’invente aussi puissamment dans l’aléatoire, le heurt, la traversée, la circonvolution. Pour le dire autrement : le temps fait avec l’espace mais ne s’en suffit pas, d’où l’acte chorégraphique.

Ce flux temporel est extrêmement précieux à faire prévaloir dans le projet de résidence d’artiste conçu par Julien Jeanne au sein de l’école Jacques Prévert. Il est indéniable que le contexte de l’école, extrêmement vivant, accueillant et volontaire, a généré des frottements au projet artistique : déplacements, élans, contraintes, propulsions, pauses… autant de rythmes qui n’ont fait que nourrir le mouvement propre à chacun – enseignante, élève, artiste – et le mouvement partagé ensemble dans la responsabilité de créer.

Le trésor du projet de résidence d’artiste de Julien Jeanne réside aussi dans le fait que la chorégraphie ne s’est jamais posé dans l’école pour exhiber un mouvement dansé. L’intention chorégraphique de Julien Jeanne s’est manifestée dans la capacité à pointer et à partager le mouvement en ce qu’il est lui-même porteur de ce qui circule entre des choses et des personnes. Le temps devient alors variation et changement car chacun a son temps à soi, partage son temps au sein d’un groupe, imagine le temps désiré.

Qui fait l’expérience de ces manifestations du vivant constatera très vite que les créations de Julien Jeanne n’ont rien du n’importe quoi ou du déjà vu, pas plus qu’elles ne sont insaisissable ou immatérielles. L’œuvre de Julien Jeanne est au contraire extrêmement solide, matérielle, généreuse, éducative car c’est une œuvre force en quête du contact, de l’exploration, du questionnement et de la découverte. Il y a donc un mouvement créé par Julien Jeanne qui nous prend, nous élance et nous plonge dans une expérience de laquelle personne ne ressortira indemne…

Edition parue fin janvier 2009

photo Samuel Boche
Préface:
Le Pouvoir des sens_ julien jeanne

Mon travail s’articule depuis plusieurs années autour du «point de vue», en portant une attention particulière aux échanges et aux porosités entre les différentes sphères sociales. L’envie d’expérimenter, de questionner et partager la nature de nos rapports les uns envers les autres, la perception que nous entretenons à notre environnement et les différentes façons d’aborder et de nous investir dans le monde.




À partir de ces fondements, j’ai dû déplacer mes modes de fonctionnement et entreprendre de nouvelles problématiques, en toute cohésion, avec la mise en œuvre de ce projet ambitieux. Comment une démarche artistique peut-elle être objet de transmission ? De quelles manières, l’artiste peut-il initier au sein d’un projet pédagogique les fondements de sa propre recherche artistique ? Est-il possible qu’un acte de transmission puisse faire «œuvre» en tant que tel ?

Depuis la conception du projet en visage, en paysage, et tout au long de la résidence, mon implication s’est concentrée sur une classe de CP et s’est déployée au sein de l’école Jacques Prévert. En partant des notions telles que «support / supporter», «acteur / spectateur / témoin», «métamorphoses», «pensées par cartographies», se sont entrepris, durant 3 mois, des ateliers corporels sous formes de micros événements et d’expériences sensibles à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement.

Au fur et à mesure, et grâce à l’implication de l’équipe artistique, ainsi que de l’ensemble des personnes donnant vie à cette école, s’est construit un espace «extra-scolaire» dans une bibliothèque reconvertie à l’occasion des résidences d’artistes. Cette salle au cœur de l’école, dite «le refuge», s’est transformée en lieu de pratique de danse, de partages informels, de transit et de dépôt en perpétuelle mutation nourrie par des traces photographiques, vidéos, bandes sonores, des témoignages écrits sous de multiples formes pour en faire surgir un lieu mémoire éphémère.

Je garde l’écho du dernier geste qui a clôs le projet en visage en paysage, l’acte poétique de planter un arbre fruitier au sein de l’école. Une sorte de révérence finale, un dernier point de convergence en déposant la trace de notre rencontre. C’est à travers ces derniers instants privilégiés, qu’une cérémonie spontanée a émergé par le biais de l’engagement sensible des enfants. Dans une écoute mutuelle, ils ont pris possession de l’évènement. Une effervescence grandissait, comme un enchantement, où le groupe faisait corps et leurs voix se rythmaient en chœur à la mise en terre de leur arbre. Un moment intense durant lequel je ne pouvais à peine parler, ému par chacun de leurs gestes. Sous le regard attentionné des parents, professeurs, l’équipe de la Criée, ainsi que des représentants de la ville de Rennes, de la DRAC et de l’éducation Nationale, le sens de ce tableau festif devenait comme une évidence à mes yeux. Il portait un concentré de l’ensemble de mes intentions dans ce projet.

Je crois que l’enjeu qui s’est construit, avec la complicité de Lilane Neveu, institutrice de la classe support, a été d’accompagner les enfants à se révéler par des actes créatifs en ré enchantant l’environnement de leur école. Cette édition en est un témoignage aux fragments d’identités colorées et peut-être un jour surgiront par résonances les fruits de cette expérience.


"En visage, en paysage"
Un projet conçu et réaliser par Julien Jeanne
photographie et vidéo - Samuel Boche
son - Damien Marchal
atelier chorégraphique - Julien Jeanne
conception graphique - David Yven
mastering / Authoring du dvd - Jeremy Malmasson

imprimé en janvier 2009 par le Cloître Imprimeurs (29)


Coproduction :
Ville de Rennes
La Criée centre d'art contemporain
Conseil général d'Ille-et-Vilaine
Ministère de la Culture - Direction Régionale des Affaires Culturelles Bretagne

Partenaires:
Ville de Rennes
La Criée centre d'art contemporain
Inspection Académique d'Ille-et-Vilaine - Ministère de l'Education Nationale
Ministère de la Culture - Direction Régionale des Affaires Culturelles Bretagne